Vivre dans la société française
La vie quotidienne
A. Se loger
1. Devenir propriétaire
Toute personne peut devenir propriétaire d'un bien immobilier ancien (déjà construit) ou neuf (projet de construction). L'achat d'un bien immobilier doit obligatoirement faire l'objet d'un acte signé chez le notaire.
Pour construire une maison sur un terrain, les propriétaires doivent déposer en mairie une demande de permis de construire.
Les modifications extérieures ou extensions d'un logement sont généralement soumises à déclaration préalable ou à autorisation. Il faut se renseigner auprès de la mairie avant de commencer de tels travaux.
L'accession sociale à la propriété est un type d'acquisition qui permet aux foyers à revenus modestes de devenir propriétaires de leur résidence principale.
2. Être locataire
En France, 40 % de la population est locataire de son logement. Un peu moins de la moitié de ces logements loués sont des logements publics (sociaux).
Des règles encadrent les conditions dans lesquelles les logements peuvent être loués. Il s'agit soit de la réglementation générale, soit de conditions particulières définies par le contrat de location (bail), par exemple le prix du loyer convenu entre le propriétaire et le locataire.
Le locataire a notamment les droits et obligations suivants :
• Il peut faire des travaux décoratifs dans son logement, comme peindre des murs. Mais s'il veut faire d'autres travaux, il doit demander la permission au propriétaire (article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989) ;
• Il peut quitter le logement en respectant une période de préavis, comme indiqué dans le contrat de bail ;
• Il doit payer le loyer et les charges (comme l'eau, l'électricité, le chauffage...) ;
• S'il ne paie pas le loyer, le propriétaire peut engager une procédure pour obtenir l'expulsion du locataire.
Le propriétaire a des responsabilités telles qu'offrir un logement décent, c'est-à-dire : sûr, bien entretenu, avec une bonne isolation, et accessible aux personnes handicapées.
3. Le logement social
Le logement social est un dispositif public permettant d'aider les personnes disposant de ressources modestes à trouver un logement. Ces logements sont appelés aussi HLM (habitations à loyer modéré).
Ces maisons ou appartements sont construits avec l'aide financière de l'État. Ils doivent respecter certaines règles de construction, de gestion et des critères doivent être respectés dans le choix des locataires. En particulier, leurs revenus ne doivent pas dépasser certains seuils (plafonds de ressources). Les loyers sont aussi encadrés par l'État.
Pour obtenir un logement social, il faut faire une demande en déposant un dossier en ligne via le site officiel : https://www.demande-logement-social.gouv.fr.
B. Se déplacer
1. Le code de la route
Le code de la route est un ensemble de règles qui s'appliquent à tous ceux qui utilisent l'espace routier. Ces règles s'appliquent partout : sur les routes, les autoroutes, les rues, les boulevards... Il est important que chacun respecte ces règles pour la sécurité de tous.
Pour pouvoir conduire un véhicule motorisé sur la voie publique, il faut un permis de conduire valide et une carte grise (document qui prouve que le véhicule appartient à son propriétaire). Le véhicule doit être assuré et avoir fait l'objet d'un contrôle technique à jour.
Le non-respect du code de la route met la vie des autres personnes en danger. C'est pourquoi des sanctions sont prévues.
Les infractions sont classées en plusieurs catégories, avec des peines en fonction de leur gravité. Par exemple :
• Un dépassement de la vitesse-limite de moins de 20 km/h peut être sanctionné d'une amende de 68 euros et d'un retrait d'un point du permis de conduire ;
• Un dépassement de plus de 50 km/h est un délit sanctionné par une peine de 3 mois de prison maximum et par une amende pouvant aller jusqu'à 3 750 euros avec un retrait de 6 points du permis, voire la suspension du permis de conduire.
Les comportements les plus dangereux sont des délits. Ils sont très sévèrement sanctionnés :
• Conduire avec un taux d'alcool supérieur à 0,8 g/l de sang peut entraîner jusqu'à 3 ans de prison, une amende de 9 000 euros, la saisie du véhicule et l'annulation du permis pendant 5 ans ;
• Conduire sans permis peut être puni d'un an de prison et d'une amende de 15 000 euros.
2. Les transports collectifs
Les transports collectifs (ou en commun) comme les bus, les autocars, les métros, les trains ou les tramways facilitent la mobilité sur le territoire.
L'utilisation des transports collectifs permet de réduire le nombre de voitures en circulation, et ainsi de réduire la consommation d'énergie et les émissions de gaz polluants. Ces pratiques de mobilité participent à la lutte contre le changement climatique, à l'amélioration de la qualité de l'air et à la réduction des nuisances sonores.
L'usage des transports collectifs est conditionné au paiement d'un titre de transport (ticket, billet...). En cas de non-paiement, la personne concernée peut être sanctionnée par une amende. Cependant, dans certaines villes, les transports sont gratuits.
C. S'assurer : la responsabilité civile
La responsabilité civile est l'obligation de chacun de réparer les dommages matériels, corporels ou moraux que l'on peut causer sans le vouloir à d'autres personnes.
Si un enfant mineur, un animal domestique ou un objet sous votre responsabilité cause un dommage, alors vous pouvez être tenu responsable et votre responsabilité civile est engagée.
Il existe différents types d'assurances :
• assurance habitation : protège contre les risques liés à son logement (incendie, dégât des eaux...) ;
• assurance véhicule : couvre les accidents pour les véhicules motorisés (thermique, hybride et électrique) ;
• assurance scolaire et extra-scolaire : protège les enfants pendant leurs activités à l'école ou à l'extérieur.
Ces assurances permettent d'indemniser les victimes, personnes blessées ou touchées en cas d'accident.
D. Vivre ensemble dans l'espace public
1. La consommation de tabac
La consommation de tabac dans l'espace public est encadrée par des règles strictes visant à protéger la santé de tous.
En particulier, il est interdit de fumer dans les lieux publics fermés ou couverts, ainsi que dans les espaces intérieurs accueillant du public : gares, restaurants, bars, terrasses couvertes... Fumer dans les locaux de son lieu de travail est également interdit.
Fumer dans l'espace public est autorisé. Cependant, depuis le 1er juillet 2025, dans les lieux suivants, il est interdit de fumer pendant les heures ou périodes d'ouverture :
• Parcs et jardins publics ;
• Plages bordant des eaux de baignade ;
• Abribus ou zones couvertes d'attente des voyageurs ;
• Abords des écoles, collèges, lycées et autres lieux destinés à l'accueil, à la formation ou à l'hébergement de mineurs ;
• Espaces ouverts et abords des bibliothèques, piscines, stades et installations sportives.
Ces mesures proviennent de la loi Évin, votée le 10 janvier 1991 et complétée au fil du temps. Elles permettent de limiter l'exposition des non-fumeurs, notamment les enfants et les personnes fragiles, mais aussi de faciliter le vivre ensemble en limitant les nuisances olfactives.
Le non-respect de cette loi est une infraction puni d'une amende de 135 euros.
2. La consommation d'alcool
La consommation d'alcool dans l'espace public, comme les rues ou les parcs, est également soumise à des règles.
En fonction des circonstances locales dans certaines villes, la consommation d'alcool peut être interdite par arrêté municipal, dans les rues, les transports en commun, certains parcs... La vente d'alcool peut aussi faire l'objet de restrictions dans certains lieux, à certaines périodes, à certaines heures...
Par ailleurs, il est interdit de vendre de l'alcool aux mineurs de moins de 18 ans.
En cas d'ivresse publique, la personne concernée peut être sanctionnée d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros.
La publicité en faveur des boissons alcooliques est par ailleurs encadrée par le code de la santé publique.
Ces mesures visent à prévenir les troubles à l'ordre public et à protéger les personnes, qu'elles soient consommatrices ou simples usagers de l'espace public.
3. Autres règles de civisme dans l'espace public
Afin de maintenir la qualité des espaces publics, quelques règles s'imposent.
Il est interdit de jeter ses déchets en dehors des poubelles. Ce geste peut être puni d'une amende. Les excréments de ses animaux de compagnie (chiens) dans les espaces publics doivent obligatoirement être ramassés sous peine d'être sanctionnés.
Les graffitis et dégradations de biens publics ou privés sont interdits et considérés comme des actes de vandalisme punis par la loi. Le nettoyage, la réparation ou le remplacement des biens endommagés sont un coût pour les collectivités.
Enfin, pour préserver la tranquillité publique, la réglementation prévoit des sanctions en cas de nuisances sonores (musiques fortes, klaxons inutiles, fêtes, rassemblements...).
E. Préserver l'environnement
Les enjeux environnementaux comme le changement climatique ou la protection de la nature nous concernent tous. Au-delà des actions portées par le gouvernement ainsi que par les collectivités et les associations, chacun peut et doit contribuer à la préservation de la planète pour les générations futures.
1. Réduire ses déchets
Chaque année, un Français produit environ 500 kg de déchets. La réduction de ces déchets est un enjeu important.
En France, la collecte des déchets ainsi que la collecte des ordures ménagères sont organisées par les collectivités locales avec des mesures de tri qui s'imposent à tous. Elles peuvent varier selon les territoires. Depuis 2024, le tri des déchets verts et alimentaires (destinés au compostage) est obligatoire pour les particuliers et les professionnels.
Il est important de prendre connaissance des mesures de tri prévues dans la commune où l'on habite et de les appliquer.
Des déchèteries sont présentes dans chaque territoire afin de permettre à tout le monde d'y déposer des appareils électroménagers, des encombrants ainsi que des déchets verts.
Les dépôts sauvages de déchets (fait de jeter des déchets dans la rue ou dans la nature en dehors des dispositifs de collecte prévus) sont interdits par la loi. Il s'agit d'une infraction pouvant être punie d'une amende.
2. Limiter sa consommation d'énergie
La consommation d'énergie a un impact significatif sur l'environnement, principalement à travers les émissions de gaz à effet de serre (GES).
Des gestes simples permettent de réduire cet impact et également ses factures. Les gestes les plus efficaces au quotidien sont :
• régler son chauffage à 19°C maximum,
• régler son chauffe-eau à 55°C et rester moins longtemps sous la douche,
• éteindre tous ses appareils en marche ou en veille quand ils ne sont pas utilisés,
• utiliser les appareils électriques en dehors des heures de pointe,
• installer un thermostat programmable.
3. Se déplacer de manière écologique
Le secteur des transports représente 34 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) en France, dont près de la moitié provient des véhicules des particuliers.
Pour réduire cet impact, chacun peut choisir des moyens de transport plus écologiques. Les transports en commun sont de bonnes alternatives à la voiture individuelle, surtout pour des déplacements en ville. La marche ou le vélo sont à privilégier pour les trajets courts.
Si on utilise sa voiture, il est conseillé d'adopter une conduite souple (rouler et accélérer doucement) pour économiser du carburant et de faire du covoiturage. Le choix d'un véhicule propre ainsi qu'un entretien régulier (pneus gonflés, vidange) permettent également de diminuer la consommation et la pollution.
F. La santé
En 1945, à la Libération, la volonté de solidarité nationale a conduit à la création de la Sécurité sociale.
Pour financer ce système, les employeurs, les salariés, les travailleurs indépendants paient des cotisations. Ces cotisations, combinées à des impôts, permettent de financer la sécurité sociale.
Ce système de Sécurité sociale représente le principe de solidarité et donc de fraternité.
Toute personne vivant en France peut consulter un médecin, aller à l'hôpital ou se rendre en pharmacie.
Tous les résidents en France ont l'obligation d'être inscrits à l'Assurance Maladie (branche de la Sécurité sociale) selon leur situation et dans les conditions fixées par la loi.
Afin de justifier les droits à l'Assurance Maladie, chaque personne assurée reçoit une carte « Vitale ». Le remboursement des frais de santé est effectué par la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM).
Dans certains cas, les professionnels de santé pratiquent le tiers payant lors des consultations, ce qui permet aux patients de ne pas avancer la part remboursée par l'Assurance Maladie.
Parfois, les soins ne sont pas entièrement pris en charge par la Sécurité sociale. Toute personne peut donc souscrire à une mutuelle complémentaire de santé, qui aide à payer les frais restants. Les employeurs ont l'obligation de proposer une couverture complémentaire santé collective à l'ensemble de leurs salariés (sauf exceptions).
Enfin, les personnels de santé ont obligation de garder secrètes les informations médicales d'un patient. Il s'agit du principe de confidentialité dans le domaine de la santé.
G. Les numéros d'urgence
En cas d'urgence, les services d'urgence ainsi que d'autres services peuvent être contactés 24h/24 et 7j/7 par téléphone. Ces appels sont gratuits.
Numéros d'urgence
- 15 — SAMU
- 17 — Police secours
- 18 — Sapeurs-pompiers
- 112 — Appels d'urgence européen
- 115 — Hébergement d'urgence
- 119 — Enfance maltraitée
- 196 — Secours en mer
- 3919 — Violences conjugales
- 3018 — Harcèlement scolaire
- 114 — Par SMS pour les personnes malentendantes
Autres services d'urgence
- 197 — Alerte attentat
- 116 000 — Enfants disparus
- 3117 (ou SMS 31 177) — Risque pour la sécurité dans les transports en commun
- 31 14 — Prévention du suicide
- 191 — Secours aéronautiques
Travailler en France
A. La réglementation liée au travail
Le droit du travail est l'ensemble des règles juridiques qui concernent les relations professionnelles entre les salariés et les employeurs.
Trois types de documents définissent ces règles :
• Le code du travail fixe les droits et les obligations pour tous : contrat de travail, conditions de travail, salaire, durée légale du temps de travail par semaine (35 heures), etc.
• Les conventions collectives, accords négociés entre les organisations représentant les employeurs et les salariés. Elles concernent une activité donnée (exemple : transport routier) et adaptent les règles du code du travail sur des points précis en fonction de situations particulières liées à cette activité. Par exemple, elles peuvent adapter les règles relatives aux congés ou aux salaires minimum.
• Le règlement intérieur est un document rédigé par un employeur dont l'entreprise compte au moins 50 salariés. Il présente les règles internes de l'entreprise et détaille les droits et devoirs des salariés en matière de santé, de sécurité et de comportement au travail.
Les salariés du secteur privé, âgés d'au moins 18 ans (16 ans sur autorisation parentale ou mineur émancipé), doivent percevoir un salaire au moins égal au SMIC (salaire minimum de croissance), qui est le salaire horaire minimum garanti en France.
Dans le cadre professionnel, aucune discrimination ne peut avoir lieu que ce soit envers le genre, la religion ou encore le physique. Toutefois, si un emploi exige un niveau de qualification, l'employeur peut exiger la présentation de diplômes pour vérifier que le candidat possède bien les qualifications requises.
En cas de litige entre un employeur et son salarié, le conseil de prud'hommes est compétent pour juger ces situations.
B. Le contrat de travail
Lorsqu'une personne est embauchée après un entretien, un contrat de travail doit être signé entre le salarié et l'employeur.
Ce document est obligatoire, il définit les conditions de travail et indique notamment plusieurs éléments importants :
• le salaire,
• les compétences nécessaires (ce qu'il faut savoir faire),
• la date de début du contrat,
• la durée du travail (combien d'heures par semaine ou par trimestre, année...)
• le type de contrat...
Il existe plusieurs sortes de contrats dont les plus courants sont le contrat à durée déterminée (CDD) pour un travail temporaire, le contrat à durée indéterminée (CDI) pour un emploi permanent ou encore le contrat d'intérim.
C. L'insertion professionnelle
Pour être accompagné dans la recherche d'emploi et être indemnisé en cas de perte d'emploi, il faut s'inscrire à France Travail.
Il s'agit d'un organisme public qui aide les personnes à trouver un emploi tant en insertion professionnelle qu'en retour à l'emploi. Il peut proposer des formations. Les conseils donnés sont adaptés à la situation de chacun. Cet accompagnement est réalisé par les Missions Locales pour les jeunes de moins de 25 ans.
Enfin, si les conditions sont remplies (avoir travaillé suffisamment longtemps, ne pas avoir quitté son travail de manière volontaire...), France Travail peut verser chaque mois, aux personnes ayant perdu leur emploi, une aide financière appelée Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).
D. La création d'entreprise
Chacun est libre de créer son entreprise en France. Il n'est pas nécessaire d'être français.
La création d'une activité exige cependant des démarches administratives. Il s'agit notamment :
• d'enregistrer les statuts de la société,
• d'immatriculer l'entreprise,
• de publier son activité dans un journal d'annonces légales,
• de déclarer le siège social...
Les règles liées à la création d'entreprise varient selon la nature de l'activité. Quatre grand secteurs d'activités sont distingués :
• l'artisanat : l'artisan exerce une activité indépendante de production, de transformation ou de prestations de services,
• le commerce : le commerçant effectue des opérations commerciales (achats pour revente, opérations d'intermédiaire, transport de marchandises...),
• les professions libérales : elles se caractérisent essentiellement par une offre de services non commerciaux, comme les médecins, les avocats...
• l'activité agricole.
Sur l'ensemble du territoire français, il existe des structures qui aident les personnes qui veulent créer leur entreprise. Elles peuvent donner des conseils, aider à planifier le projet et même chercher des financements (chambre des métiers et de l'artisanat (CMA), chambre de commerce et d'industrie (CCI)...).
E. L'accès à l'emploi public
L'accès aux emplois dans la fonction publique, est ouvert à tous sans discrimination. La sélection se fait uniquement en fonction des compétences et des qualités.
Pour pouvoir se porter candidat à un concours de la fonction publique, il faut toutefois remplir des conditions d'âge, de diplôme, avoir la nationalité française (ou celle d'un pays de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen), jouir de ses droits civiques et n'avoir fait l'objet d'aucune condamnation inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire.
Les candidats européens n'ont pas accès aux emplois dits de « souveraineté » (emplois dans la défense ou les affaires étrangères par exemple).
Dans la fonction publique territoriale, contrairement à la fonction publique d'État, l'admission au concours ne signifie pas l'affectation immédiate à un poste. Les candidats admis sont alors inscrits sur une liste et doivent ensuite postuler eux-mêmes à un emploi.
Un fonctionnaire est un agent public titulaire qui travaille dans l'une des trois fonctions publiques : Fonction publique d'État, Fonction publique territoriale, Fonction publique hospitalière. Pour garantir l'égal accès à la fonction publique, il est recruté par concours (sauf exceptions). Après une période de stage, il est titularisé dans un grade (A, B ou C) et devient fonctionnaire. Il occupe un emploi permanent (selon son grade) au sein de l'administration. Son statut est régi par le code général de la fonction publique.
La vie familiale
A. Le mariage
En France, seul le mariage civil célébré en mairie est reconnu par la loi. Le mariage est célébré par le maire ou un adjoint au maire à la mairie de la commune où vit au moins l'un des deux futurs mariés ou l'un de leurs parents. Le jour de la cérémonie de mariage civil, les mariés reçoivent leur acte de mariage français et un livret de famille.
Le mariage est possible à partir de 18 ans. Il est aussi possible, à partir de 16 ans, mais seulement si le procureur de la République accorde une autorisation spéciale et si les parents du mineur acceptent l'union (art 145 et 148 du code civil).
La polygamie (être marié à plusieurs personnes à la fois) est interdite par la loi et constitue une infraction pénale.
Depuis le 17 mai 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a été promulguée. La France est devenue le 14ème pays du monde à autoriser le mariage homosexuel.
En cas de séparation, les époux peuvent divorcer soit devant un juge, soit par consentement mutuel devant un notaire. L'autorité parentale sur leurs enfants continue d'être exercée par les deux parents, sauf décision de justice contraire.
B. Les droits des parents
Pendant la période de grossesse et de congé maternité, la loi garantit à la femme de conserver son emploi. En effet, l'employeur ne peut pas licencier la salariée pour ce motif.
Depuis le 1er juillet 2021, le congé paternité dure 28 jours.
Après la naissance ou l'adoption d'un enfant de moins de 16 ans, tout(e) salarié(e) peut bénéficier d'un congé parental d'éducation. Ce congé permet au parent concerné d'interrompre ou de réduire son activité professionnelle pour élever cet enfant.
De plus, les parents d'un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2026 bénéficient d'un « congé supplémentaire de naissance », d'un ou de deux mois, selon le choix du parent. Ce congé peut être pris à compter du mois de juillet 2026.
A2. Les droits des enfants
En 1989, 196 États ont signé un document sur les droits de l'enfant dans le cadre de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Ce document s'appelle la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Cette convention présente les droits fondamentaux des enfants. Elle impose des obligations aux États qui l'ont signée. Elle assure donc la protection des enfants.
C'est le fondement de toute l'action de l'UNICEF, une organisation qui dépend de l'ONU.
Voici quelques droits de l'enfant :
• L'égalité (être traité de la même façon que les autres enfants) ;
• Avoir un nom, une identité ;
• Être soigné, protégé des maladies, avoir une alimentation suffisante et équilibrée ;
• Aller à l'école ;
• Protection de la vie privée ;
• Être protégé contre la violence ;
• Être protégé contre l'exploitation ;
• Pouvoir s'informer et s'exprimer, être entendu sur les questions qui le concernent ;
• Les enfants en situation de handicap ont aussi droit à la même vie que les autres. Ils peuvent par ailleurs bénéficier d'un emploi du temps aménagé.
B2. Les obligations parentales
L'article 371-1 du code civil définit l'autorité parentale. Il s'agit d'un ensemble de droits et de devoirs dont l'objectif est de protéger l'intérêt de l'enfant et de favoriser son bien-être.
L'autorité parentale appartient aux parents jusqu'à ce que l'enfant devienne adulte (majorité ou émancipation) pour le protéger, assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa personne (sécurité, santé, vie privée et moralité).
En pratique, les parents doivent veiller à la sécurité de l'enfant, surveiller ses relations, ses déplacements, ses communications, son utilisation des réseaux sociaux. Ils ont l'obligation de protéger l'enfant contre, par exemple, le racket, le viol, la prostitution, les addictions, le harcèlement, la violence...
Ils doivent également assurer la santé de l'enfant, protéger sa vie privée, son image et garantir son bien-être (alimentation, hébergement, loisirs...).
L'autorité parentale s'exerce sans violences physiques ou psychologiques.
Toutes maltraitances physiques, comme l'excision et les châtiments corporels, sont interdites par la loi car elles portent atteinte à l'intégrité physique et à la dignité de l'enfant.
Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.
C. L'éducation
Les parents doivent veiller à l'éducation scolaire, intellectuelle et morale.
L'école (l'instruction) est obligatoire pour les enfants de 3 à 16 ans. Les parents qui ne respectent pas cette obligation peuvent être sanctionnés par une amende, ainsi qu'une peine de prison.
Seules les absences pour raisons de santé ou familiales (mariage, enterrement...) sont acceptées par les établissement scolaires.
Les enfants allophones (dont la langue maternelle n'est pas le français) sont accueillis à l'école comme les autres enfants. Ils y apprennent le français mais aussi les autres matières.
Les enfants en situation de handicap peuvent bénéficier d'un emploi du temps aménagé à l'école pour suivre leurs soins.
Les parents d'un élève ont un rôle au sein de la communauté éducative. Ils entretiennent, chaque année scolaire, des relations avec les professeurs, l'administration et l'ensemble des acteurs de l'équipe pédagogique (ATSEM, animateurs périscolaires...) de l'établissement où est scolarisé leur enfant.
De plus, les parents peuvent aussi participer activement en se portant candidat aux élections de représentants de parents d'élèves, ou en rejoignant une association de parents.
Les établissements scolaires en France :
• École maternelle : accueille les enfants au début de l'instruction obligatoire, qui débute à 3 ans.
• École élémentaire : accueille les enfants scolarisés de 6 à 11 ans.
• Collège : établissement de niveau secondaire qui, à l'issue de l'école élémentaire, accueille tous les enfants scolarisés. Ils y suivent quatre années de scolarité.
• Lycée : à l'issue du collège, les élèves peuvent poursuivre leur scolarité dans un lycée d'enseignement général, technologique ou dans un lycée professionnel. La scolarité y a lieu en trois ans : la seconde, la première et la terminale.
D. Le numérique et les enfants
Les écrans (téléphone, ordinateur, télévision...) sont très présents dans la vie des familles. Les enfants et adolescents les utilisent très tôt, à la maison comme à l'école. Si les écrans peuvent être utiles, trop les regarder peut avoir des conséquences sur la santé physique et mentale des enfants, ainsi que sur leur vie sociale. Les parents doivent ainsi s'assurer du bon usage des écrans fait par leur enfant.
Afin de lutter contre les délits en ligne tels que le cyber-harcèlement, la loi du 7 juillet 2023 a instauré la majorité numérique à 15 ans. Avant cet âge, s'inscrire seul sur les réseaux sociaux n'est donc plus possible.
La citoyenneté numérique, notamment enseignée à l'école, permet d'apprendre à faire un usage efficace des technologies numériques de manière responsable, éthique et sûre.